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À l’endroit où se trouve actuellement le pavillon Judith-Jasmin, campus central de l’Université du Québec à Montréal, s’élevait auparavant l’église Saint-Jacques. Le transept sud de l’église, le clocher, les boiseries de la sacristie ainsi que la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes ont survécu à l’opération de démolition qui a précédé les travaux de construction de la première phase du campus de l’Université en 1975. Les architectes Dimitri Dimakopoulos et Jodoin, Lamarre, Pratte et Associés, qui ont réalisé le projet de construction du campus de l’UQAM, ont réussi à intégrer ces éléments, de style néogothique, à même la nouvelle construction.

Figure emblématique de l’UQAM, le clocher Saint-Jacques fait partie du paysage urbain du Quartier latin depuis plus d’un siècle. C’est l’architecte John Ostell qui fut chargé, en 1856, de construire une église paroissiale sur le site de l’ancienne cathédrale réduite en poussière lors d’un incendie en 1852. La construction du clocher pris quelques années, mais l’achèvement des travaux fut perturbé par un nouvel incendie en 1858. Les murs furent épargnés mais puisque les budgets étaient  restreints la reconstruction fut plus modeste.  C’est l’architecte Victor Bourgeau  qui fut mandaté pour effectuer la suite des travaux qui s’achèvent en 1860. Seize années plus tard, la tour du clocher fut finalement rebâtie et une flèche y fut installée. L’ajout de cette flèche portera le clocher à 85 mètres de haut. En 1905, le clocher fut modifié par les architectes Louis-Zéphir Gauthier et J.-E.-C. Daoust. En 1933, l’église est une fois de plus la proie des flammes, mais heureusement le clocher, le transept sud et la sacristie furent épargnés. Le clocher ainsi que la façade du transept sud de l’église Saint-Jacques furent classés monuments historiques en 1973.

Le clocher Saint-Jacques est aujourd’hui mis en valeur lors de différents événements. Quand il n’alimente pas la recherche en architecture, en urbanisme ou en histoire de l’art, il devient un écran de projection incomparable pour les étudiants et artistes en médias interactifs.

Le coq

En 1905, un coq est installé au sommet de la croix posée sur la cime de la tour du clocher Saint-Jacques. Soixante-dix années plus tard, soit en septembre 1975, le curé de la paroisse Saint-Jacques signale la disparition du coq, disparition qui demeure encore aujourd’hui inexpliquée. Une photographie du coq original permis à l’artisan Claude Huot d’en façonner un nouveau à l’image du premier. Celui-ci est installé en 1979.  En juin 1990, un violent orage endommage la girouette qui menace de tomber. L’UQAM entreprend, l’année suivante, des travaux de réfection de la croix du clocher.  Le coq est restauré et son socle est consolidé.  

La salle des boiseries

Le clocher Saint-Jacques abrite la remarquable salle des boiseries, salle qui fut d’abord utilisée comme lieu de réunion pour les séances du Conseil d’administration. Elle sert maintenant comme lieu de célébration pour divers événements, parfois même de mariages civils. Les boiseries que l’on y retrouve ont été récupérées de l’ancienne sacristie de l’église Saint-Jacques. La présence de verrières et de mobilier religieux ajoute au caractère sacré et à l’ambiance singulière de ce lieu. Le contenu de l’ancienne sacristie de l’église Saint-Jacques a été offert par les Sulpiciens à l’Université du Québec au moment de la vente de l’église. Depuis 1973, le mobilier, les boiseries, les statuettes et les vitraux sont classés au registre des biens culturels du Québec.

Les statuettes

En plus des boiseries, des vitraux et du mobilier que l’on peut admirer dans l’actuelle salle des boiseries, les Sulpiciens ont également fait don à l’Université du Québec des statuettes qui se trouvaient originellement dans les clochetons du vestiaire principal de la sacristie. Ces précieuses statuettes sont présentement conservées au Service des archives et de gestion des documents de l’UQAM.  Il s’agit de statuettes de bois représentant le Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle, le Saint-François-de-Sales, le Saint Joseph, la Sainte-Vierge, le Curé d’Ars (Saint-Jean-Marie Vianney), le Saint-Vincent-de-Paul, le Saint-Louis-Grignon-de-Montfort, le Bienheureux Olier (Jean-Jacques Olier) et le Saint-Jean. Le ou les auteurs de ces œuvres sont inconnus. Elles auraient été créées autour de 1884 et proviendraient possiblement de l’atelier de Louis-Philippe Hébert. L’Université du Québec à Montréal compte également, à l’intérieur de sa collection, une statue d’une hauteur de plus d’un mètre représentant le Sacré-Cœur. Cette statue, réalisée vers 1885-1888, est l’œuvre de l’artiste Olindo Gratton. Il est probable que ce sculpteur soit l’auteur de l’ensemble des statuettes.