L'École de l'éveil
 

Déjà fort occupée et impliquée dans ses études et de nombreuses activités, Marcelle Gauvreau, encouragée par le frère Marie-Victorin, met sur pied son plus grand projet, soit l’École de L’Éveil, inaugurée le 15 novembre 1935. Cette école, qui lui vaudra sa renommée, vise à initier les jeunes de quatre à sept ans aux sciences naturelles. Son approche didactique privilégie la spontanéité, l’émotion et le développement du sens de l’observation. D’abord installée dans un salon de l’Hôtel Pennsylvania sur la rue Saint-Denis, l’École reçoit une vingtaine d’élèves par année. À l’été 1939, l’École déménage au Jardin botanique de Montréal où elle y demeure jusqu’en 1957. En 1939, Marcelle Gauvreau devient aussi responsable du service éducationnel du Jardin botanique. Ce nouvel environnement, de même que l’arrivée d’auxiliaires en 1945 et d’assistantes en 1955 permet à l’École d’accueillir de plus en plus d’élèves. Toutefois, en 1955, bien que plus de 150 élèves se voient acceptés, l’École doit en refuser une centaine, faute de place.

Soucieuse de l’enseignement offert dans son école, Marcelle Gauvreau se rend, en 1954, en France, en Suisse et en Hollande afin d’étudier les méthodes d’enseignement préscolaires. Les cours de l’École de L’Éveil sont offerts du printemps à l’automne. Ils se veulent très vivants et comprennent notamment des excursions, des projections de films et la constitution de diverses collections (plantes, insectes, minéraux). De plus, l’école abrite de nombreux animaux (oiseaux, poissons, reptiles). À cette époque, Marcelle Gauvreau publie deux livres destinés aux enfants soit Plantes curieuses de mon pays (1943) et Plantes vagabondes (1957). En 1957, l’École quitte le Jardin botanique pour s’installer à l’Institut Cardinal-Léger, rue Beaubien à Montréal et ouvre une succursale à Ville d’Anjou. En 1960, l’École fête ses 25 ans de fondation. En 1961, une émission télévisée intitulée L’Éveil animée par Marcelle Gauvreau est diffusée à l’antenne de Télé-Métropole. En 1965, le siège social de l’École emménage à la Fédération nationale de la Saint-jean-Baptiste, rue Sherbrooke et en 1966, les cours sont offerts dans les succursales de la Fédération dans le quartier Rosemont, à Saint-Léonard, à Ville d’Anjou et à Duvernay. En 1971, suite au décès de Marcelle Gauvreau survenue le 16 décembre 1968, l’oeuvre de cette dernière se poursuit à travers la mise sur pied du studio l’Écrin, affilié aux CJN, à Roxboro.

Considérée comme pionnière de l’enseignement au préscolaire, Marcelle Gauvreau, au parcours exceptionnel pour une femme de son époque et au dévouement sans borne, a aussi très largement contribué à éveiller la curiosité scientifique de la jeunesse canadienne-française et surtout, à transmettre et à inculquer aux tout-petits son propre amour de la nature.

Une réalisation du Service des archives et de gestion des documents de l’UQAM / mars 2004